La genèse du livre

La genèse de ce livre

Ce livre « Courrielle-moi » est fait d’écrits intimes qui ont échappé à la poubelle et qui sont eux-mêmes tout étonnés d’avoir été recyclés de cette noble façon.

En effet, Max qui a tout pouvoir sur la gestion de son Mac, s’empresse de jeter les mail de nanas qui encombrent ses archives. Donc tous les échanges franco-québécois de 2004 à 2006 avaient disparu à jamais de notre écran.

Les larmes avaient séché et les protagonistes vivaient leurs nouvelles amours sous le ciel de Montréal. Mais d’autres femmes au Québec et en France vivaient le même drame. Leur chum était frappé du syndrôme de la cinquantaine et disparaissait dans la nature ensorcelé par le chant de sirènes de 25 à 30 ans. Combat inégal surtout quand il n’y aucun dialogue possible entre les ex amoureux.

En Octobre 2008, Nous allons quinze jours au Québec suivre la tournée de notre ami Philippe AVRON. Marianne qui avait conservé tous nos échanges et qui venait de les relire comme si c’était l’histoire de quelqu’un d’autre en conclut qu’elle est vraiment « guérie » et pense qu’on pourrait en faire un manuel pour « guérir les chagrins d’amour » de ses nombreuses copines "répudiées."

Le projet me plaît bien. Il s’agit juste de garder les étapes de son deuil amoureux. Il y a des trous dans nos échanges, quand on se téléphone ou quand on se voit sur l’un ou l’autre continent et que les placotes remplacent les écrits. Mais qu’à cela ne tienne, elle tient un journal intime depuis toujours dont elle me confie les pages qui manquent dans les étapes de son douloureux parcours. Facile de les transformer en quelques courriels. Et on décide de finaliser ce manuel en juillet 2009 lors de notre séjour au festival d’Avignon.

J’ai charge de changer tous les noms et de nettoyer tout le texte de tout ce qui pourrait faire identifier la famille de Marianne et Marc. J’ai le temps de chercher des titres possibles et de récupérer un poême écrit en 97 pour une copine dans le malheur, qui convient bien comme préface. Notre manuel est quasiment bouclé.

C’est à Avignon que Philippe et Ophélia nous persuadent de faire un vrai livre pour un vrai public, qu’il est rare de suivre un chagrin d’amour au jour le jour. Ophélia sera notre « conseillère en livre », nous suggérant un troisième écriveur, une post-face et un poême pour faire balance à celui du début.

Ainsi se sont imposées Bip-Bip et ses grains de sel et Madeleine mon amie de lycée, dont j’ai gardé des dizaines de poèmes et de lettres : on s’écrivait beaucoup en ce temps là.

Je suis heureuse d’avoir laissé traces de tous mes fantômes dans le livre et d'y évoquer pour mes petites filles, la longue lutte des féministes pour des droits fondamentaux d'égalité avec les hommes, qui leur semblent évidents et définitivement acquis.

Qu'elles sachent que rien n'est jamais acquis et qu'il faut de rester vigilantes et combatives... " dormir que d'une oreille", conseillerait Bip-Bip

5 Septembre 201

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